Lait SucrÉ Concentré Rosy Saigon

Grands Magasins Charner Saïgon

Air Vietnam Saigon 1952

La Croix du Sud rue Catinat Saïgon

Cô-bà Pachod Frères Saïgon

Etablissements Marthe Gaschot Saigon

Renault 4CV & Dauphine Boulevard Charner Saïgon

Cigares Mťlia

Souvenirs de la rue Catinat Saïgon

Sipeo Kodak Saigon

Thť‚tre municipal de SaÔgon

La semaine à Saïgon-Aout 70

Au Menestrel Saigon 1950

Cigarettes Nationales Saigon

Marins Français sur le Porte-Avion Lafayette en mai 1953

Brodart rue Catinat Saïgon

Peugeot 203 Publiciité Jean Comte Saigon

Les arcades de Saigon 1950

Place Francis Garnier

Velosolex 330 Saigon

Delahaye Bainier Saïgon

Femmes Vietnamiennes devant le Garage Charner Saïgon

Camionnette Renault avec une saïgonnaise

La semaine Saigon avril 1967

Brodart-Le Bougnat Saigon

La Banque B.N.C.I de SaÔgon

Les Bonnes Adresses de Saigon

Velosolex et Camion Citroen Saigon

Couple Français devant le Café Le Givral Saïgon

Bastos la cigarette de qualité

Brodart rue Catinat Saïgon

Le Docteur Irwin S. Leinbach devant son Ambulance Peugeot de l'Hôpital Cho-Ray de Saïgon

Cyclo-Pousse & Citroën 2 CV

Place Pigneau de Behaine et la Cathedrale de Saigon

Saïgon 15 Février 1953

Saïgon 15 Février 1953

Couple Saïgon

HŰtel Continental Taxi Renault

La sortie de la messe le dimanche 16 octobre 1948

Asianis le Pastis de SaÔgon

Pachod Frères Indochine

Femmes devant le magasin de Lucien Berthet Saïgon en 1953

Air France Saigon

La Croix du Sud rue Catinat Saïgon

HŰtel Continental Cyclomoteur 23 Juin 1947

Touristes françaises en Cyclomoteur à Saïgon

Taxi Renault 4 CV de SaÔgon

Chez Brodard

La Maison Brodart, rue Catinat

Cigarettes Cotab Cholon

Hôtel de Ville Saïgon  Ford Vedette Citroën Traction

La Pagode Saïgon

jeunes saÔgonnaises

Saigonnaise Ao Dai Saigon

Saigon-Phnom-Penh en 1953

Ford Vedette Saïgon

La Cathédrale Notre Dame Saigon

Savon Vietnam Saigon

Melia Cigarettes Saigon

Asianis le Pastis de SaÔgon

La Banque B.N.C.I de SaÔgon

Colette et son velosolex devant le Cafe Givral Saïgon

Le Grand Monde Miss Saigon 1954

La semaine a SaÔgon en 1961

Velosolex 3800 Saigon

Les boissons de Marthe Gaschot Gia-Dinh Saigon

Citroën Traction et Ford Vedette sur le boulevard Bonard à Saïgon

Jeunes Saïgonnaise rue Catinat

Hotel Continental Saigon

Taxi Renault 4cv Saïgon

La sortie de la messe le dimanche 16 octobre 1948

Optician Michaux Saigon

Opticien Michaux Saigon

DerriŤre la cathťdrale de SaÔgon

Auxiliaire Fťminime Jeep Indochine 1953

HŰtel Continental Cyclomoteur Mars 1951

Societť des Imprimeries et Librairies Indochichoises Saigon

Gendarmes Saigon Indochine

Vue sur SaÔgon depuis l'hŰtel Caravelle

F.A.C.I. Saigon

Societé Indochinoise de Transports Saigon

En 1950 le Boulevard Charner Saïgon

Aigle Azur Saigon

The Far East Air France

Rivoire et Carret Saigon>

Two monks in Saigon Air France

Ford Vedette Saïgon

Bière Hommel BGI Saigon

Citroen DS19 devant le temple Vinh Nghiem

Grands Magasins Charner Saïgon

Hôtel de Ville Saïgon  Ford Vedette Citroën Traction

Café rue Catinat Saigon

Solex Famililal à Saïgon

Course de Cyclo-Pousse Saigon 1948

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Drapeau anglais

dragon

Sa√Įgon
La perle de l'Extrême-Orient

Cathedrale de Sa√Įgon

Un coin de Sa√Įgon, au fond les clochers de la Cath√©drale.

Vue a√©rienne et plan de Sa√Įgon en 1953

Vue a√©rienne sur la Cath√©drale de Sa√Įgon en 1953 Plan de Sa√Įgon en 1953

Sa√Įgon √©tait au d√©part de son histoire un petit port cambodgien, un village de p√™cheur nomm√© Prey Kor.
Occup√© par des Annamites d√®s le XVIIe si√®cle, le site est alors baptis√© Sa√Įgon, puis entour√© de murailles au XVIIIe si√®cle, avant d'√™tre conquis par les Fran√ßais en 1859.
Sa√Įgon sera alors connu pendant des ann√©es comme le ¬ę Paris de l' Extr√™me-Orient ¬Ľ : la ville comporte de nombreux monuments coloniaux.

La "Cité" Saigonnaise"
par Christine Chanut

Sud-Est Sa√Įgon Avril 1950

Article paru dans le périodique mensuel Sud-Est d'avril 1950 édité par :
Les Editions "Le Verseau"
14, boulevard Charner
Sa√Įgon

La Cathédrale Notre-Dame

Cath√©drale Notre-Dame Sa√Įgon

Sa√Įgon : "elle n'a ni plus de vertu ni plus de vices que les autres cit√©s ;
elle vit avec exubérance !"
Albert Vivies (avocat √† Sa√Įgon)

Un bonjour affectueux de Sa√Įgon Congr√®s eucharistique au Th√©&atre municipal Sa√Įgon 1951

Déclic de l'aube :
Lentement de l'aube et les faubourgs : Tandinh, Gladinh, Phumy, Phuto..., séveillent et se vident. Par des voies animées, toujour les mêmes, se déversent des courants humains que le port et la ville basse absorbe.
A midi :
Des courants se reforment encore en sens inverse pendant que, lasse de s' être affairée dans le va-et-vient des cyclos, des bicyclettes et des voitures, somnole la ville dans la chaleur moite et le silence embrasé.
Vers le soir :
Des courants se reforment encore, mais un air de fl√Ęnerie submerge les rues, s'installe aux terrasses des caf√©s o√Ļ des hommes essayent d'√©tancher leur soif ou de noyer leur ennui dans des boissons euphoriques et glac√©es ; et la ville change de visage : fard√©e de n√©on, riant de toutes ses lumi√®res, elle multiple ses appels nocturnes, promettant aux humains ce que promettent toutes les villes du monde...
Soumise au rythme de ces pulsations, plac√©e au confluent des remous du port et du calme du "plateau", ville de province et de grande cit√©, ville d'Orient et d'Occident, Sa√Įgon offre des contrastes et des dissonances, des harmonies aussi, qui lui donnent ce visage fr√©missant et changeant, attachant, comme tout ce qui est marqu√© d'un caract√®re de vie intense.

La rue Catinat
devant le salon de thé "La Pagode"

La rue Catinat à 11 heures du matin La rue Catinat à 1 heure de l'après-midi

Sur la photo de gauche : la rue Catinat à onze heures du matin voit défiler un flot ininterrompu d'autos, de cyclo-pousses et de piétons.
Sur la photo de droite : la rue Catinat deux heures plus tard, à l'heure sacrée de la sieste.

Vue a√©rienne de Sa√Įgon

Vue a√©rienne de Sa√Įgon Vu sur le boulevard Charner et la rue Catinat Saigon

Sur la photo de gauche : "La citée forme une sorte de trapèze limité par le port, la rue Lagrandière (à gauche), le boulevard de la Somme (à droite) et le marché (au premier plan).
Sur la photo de droite : le boulevard Charner et la rue Catinat.

Jadis rien de tout cela n'existait.
"En 1859, écrit André Baudrit, il y avait au confluent de l'arroyo chinois et de la rivière, un marché situé auprès d'une pagode branlante, au milieu d'une agglomération de paillotes : c'était Cho-Soi ; puis remontant la rivière jusqu'à l'embouchure de l'Avalanche, les marécages s'étendaient, coupés de quelques canaux fangueux et nauséabonds (actuels boulevard de la Somme et Charner). A mi-chemin entre l'arroyo chinois et l'Avalanche, se trouvait une maison pour les bains royaux, elle était construite sur un radeau de bambous. De là, partait une chaussée de terre rouge qui reliait la rivière au plateau : c'était l'ancêtre de la rue Catinat, sur laquelle la ville future devait s'ossifier. Sur son parcours, elle se resserrait entre une pagode et une chaumière vétustes".
En 1861, Pallu de la Barri√®re brossa de ces lieux un tableau peu s√©duisant : "Cette rue en fondri√®re, ces maisons √©parses, cet ensemble un peu mis√©rable, c'est Gia-Dinh-Th√†nh, que nous appelons Sa√Įgon".
Cependant, plein de foi dans l'avenir, l'auteur ajoutait :"Un jour peut-√™tre une ville belle et populeuse s'√©l√®vera sur les lieux o√Ļ nous avons vu un village annamite..."
Deux ans après, déjà, la ville avait changé d'aspect : "De larges voies macadamisées, se coupant à angle droit de distance en distance, avaient remplacé les chaussées étroites et bombés de la cité annamite ; mais les maisons manquaient encore sur bien des points pour remplir ce cadre régulier", écrivait Hailly en 1863.
"C'est √† partir de 1865, souligne Andr√© Baudrit, que la ville de Sa√Įgon commence sa marche ascentionnelle vers l'√©panouissement que nous lui connaissons aujourd'hui, et c'est l'amiral de la Grandi√®re qui est √† la base de cette transformation vraiment prodigieuse".
En moins de quinze ans, la ville fut organis√©e dans ses grandes lignes. Et, d√©sormais, tout en suivant les fluctuations inh√©rentes √† toute entreprise humaine elle n'a cess√© de cro√ģtre et de prosp√©rer.

Le port de Sa√Įgon

Quai de Belgique Sa√Įgon

Trait d'union créé entre le port et le "plateau", la ville basse est marquée d'un double caractère.
Elle s'agrège au port, à un tel point que Francis de Croisset écrivait :
"Des m√Ęts surgissent entre les arbres ou on l'air de jaillir d'un toit" ; et la "for√™t" du "plateau" y est d√©j√† pr√©ced√©e de grands tamariniers qui jalonnent la rue Catinat, des Yaos de la place Francis Garnier, et du jardin d'enfants qui s'√©tend √† l'ombre des d√īmes sombres des manguiers.

dragon

Et peut-√™tre sont-ce ces arbres de la rue Catinat qui conf√®rent √† Sa√Įgon ce caract√®re de ville de province qui a frapp√© tant d'√©crivains : "Entre Sa√Įgon et la province fran√ßaise ils cr√©ent un lien sentimental ; quand je fl√Ęne sous leur ombre, disait Pierre Andelle, je suis pris de tendresse pour Digne, pour Alen√ßon".
"La province fran√ßaise ? √©crivait Francis de Croisset dans les ann√©es 30, peut-√™tre est-ce √† cause de cela que Sa√Įgon √† chaque instant m'enchante".
Guy de Portalès, lui, décrivait ainsi la capitale de l'Indochine :
"Vous voici dans une petite ville de province, boulevard de la Somme, boulevard Charner, place Francis Garnier, rue Catinat, le Th√©√Ętre municipal, l'H√ītel de Ville. C'est la France, les caf√©s, les tramways, le bureau de tabac, l'H√ītel Continental. Une autre Cannebi√®re, vaste art√®re rectiligne o√Ļ vous flairez la coloniale, le gigolo, le fonctionnaire, le militaire. Tout cela tr√®s classe moyenne, bruyant, poussi√®rieux, √† peine relev√© d'une pointe de couleur. Les maisons s'alignent, en carton p√Ęte, standardis√©es par quelque architecte-laur√©at de province".
Cependant vers la m√™me √©poque, Luc Dartin voyait Sa√Įgon avec d'autres yeux :
"...Aux √©difices de Sa√Įgon, √† son mouvement, √† sa richesse, √† son r√īle r√©el, √† sa marque moiti√© √©trang√®re, moiti√© fran√ßaise, on songerait moins √† une grande ville de province qu'√† telle capitale belge ou suisse, dont les moeurs et les id√©es sont un peu des n√ītres".
Que dirait maintenant Luc Durtain ? Guy de Portal√®s reconna√ģtrait-il sa petite ville ? En vingt ans le visage de Sa√Įgon s'est modifi√©, ses traits sp√©cifiques se sont accus√©s, son caract√®re propre s'est accentu√© : elle est bien autre chose qu'une ville de province... elle est grande capitale comme en t√©moignent ses dimensions et ses larges avenues, ses buildings, sa profusion de lumi√®re et ses odeurs vivantes, ses caf√©s, ses boutiques, sa population et son mouvement ; elle offre √† l'heure actuelle une ordonnance g√©n√©rale et des perspectives dont les b√Ętisseurs peuvent s'enorgueillir.
Comme l'écrivait le gouverneur Hoeffel, cette agglomération urbaine "peut se targuer d'être comparable à beaucoup d'égards aux plus grandes villes de France.

L'H√ītel de Ville

Le boulevard Charner et l'H√ītel de Ville Sa√Įgon 1950

Le boulevard Charner avec au fond l'H√ītel de Ville.
Sa√Įgon a ses "Grands Boulevards", anim√©s et joyeux : le boulevard Bonard, pr√©c√©d√© de la g√©om√©trie d'un vert √©blouissement des pelouses vigoureuses et des massifs taill√©s √† la fran√ßaise de la place Francis Garnier, et le boulevard Charner sur lequel s'inscrit le kal√©idoscope polychrome du march√© aux fleurs o√Ļ stagnent des senteurs capiteuses.
Tous deux d√©bouchent sur de vastes espaces : la grande place du march√© et la clart√© grise de la rivi√®re ; tous deux aboutissent √† un monument : le th√©√Ętre r√©cemment modernis√© et l'h√ītel de ville... objet d'une querelle ancienne... mais peu dangereuse. Par les matins de soleil, ils sont gais, p√©tillants, color√©s, vibrants et le jet d'eau, qui appartient √† tous les deux, jaillissant d'une double vasque pav√©e de mosa√Įques turquoises ajoute encore √† cette gaiet√© lumineuse.

Le marché

Le March√© de Sa√Įgon

Un des coins les plus pittoresques de Sa√Įgon est le march√© o√Ļ s'amoncellent les richesses de la Cochinchine... et d'ailleurs. Toutes les rues avoisinantes drainent vers lui des v√©hicules les plus divers qui se rangent tout autour, sur l'immense place, dans un tapage assourdissant sur lequel se d√©tachent les th√®mes aig√ľs des marchands ambulants, qui, l√† la plus encore qu'ailleurs, pullulent.
Chaque partie du marché est spécialisée mais partout on circule dans d'étroites ruelles qu'encombrent encore les porteurs de "ganh".
Dans le coin des √©toffes, on s'infiltre entre les haies de soieries et de cotonnades bariol√©es et √©clatantes d√©ploy√©es comme des tentures ou empil√©es en tas compacts ; les marchands sont assis sur une sorte d'estrade... on pense aux merveilleux "souks marocains" mais ici tout est plus entass√©, plus comprim√© et on regrette cette odeur de menthe fra√ģche qui impr√®gne les rues marchandes de Mekn√®s plafonn√©es de treillages de roseaux...
Le "march√© aux puces" sous toit de paillote o√Ļ filtrent des raies de lumi√®re baigne dans un clair-obscur. Les objets les plus ahurissants y voisinnent... Profanes et collectionneurs y fur√®tent, √† la recherche de quelque authentique merveille √©chapp√©e de la vieille Chine ou de la royale Hu√© et parfois on trouve...ou en croit trouver... mais un long apprentissage est n√©cessaire pour distinguer entre toutes ces neuves antiquit√©s le bleu pr√©cieux, le cloisonn√© ancien, le bouddha ou la quan-ynh polychrome d'un √Ęge rassurant...
Sans transition, le soleil vous aveugle dans le court espace, encombr√© de gourmands, qu'il faut franchir pour atteindre les vanneries, les poteries o√Ļ s'entassent tant de choses curieuses, et le march√© aux fruits riche de tous ces pr√©sents d'Indochine dont on ne saurait plus jamais oublier la saveur : mangues dor√©es et juteuses, mangoustans √† la cosse brune-violette, litchis aux longs poils d'un rouge √©clatant, dont la chair acidul√©e est exquise.

Le Rond-Point Bonard-Charner

Mobylette Motoconfort Saigon Saigonnaise devant la fontaine Sa√Įgon 1950

Le Rond-Point Bonard-Charner avec son jet d'eau jaillissant d'une grande vasque et son march√© aux fleurs est un oasis de fra√ģcheur et de beaut√© au milieu de la Cit√©.
C'est dans cette vasque, qu'apr√®s le bref cr√©puscule, les petits nhos s'√©battent avec joie dans un √©claboussement de gerbes d'eau et d'√©cumes qui √©tincellent sous la lumi√®re √©lectrique... tandis que, sur les pelouses de la place, les promeneurs s'assoient √† m√™me le gazon, avides d'aspirer la fra√ģcheur agreste de la nuit : tout un peuple calme est l√†, dispers√©,... avec des pens√©es... que l'on c√ītoie, sans les conna√ģtre.
Les autres rues, pour n'avoir pas la même ampleur, n'en sont pas moins fiévreuses et chacune a sa beauté.
Dans cette partie si vivante. Sa√Įgon m√™le √©troitement √† ses caract√®res typiquement occidentaux, son estampille de ville asiatique... √©trange harmonie qui n'est pas un des moindres √©l√©ments de son charme.
Jusque dans les voies perpendiculaires √† la rue Catinat, elle offre, √† qui r√™ve d'Orient, la saveur des rues grouillantes o√Ļ les boutiques chinoises, vietnamiennes et hindoues tendent toujours √† envahir la plus grande partie du trottoir avec leurs √©talages touffus et plus ou moins h√©t√©roclites.

Jeep devant le th√©√Ętre de Sa√Įgon

La circulation est partout d'une intensité et d'une hétérogénité surprenantes... Dans toutes les rues se pressent des théories de bicyclettes terreur des automobilistes, des jeep qui ne rêvent que d'exploration, des voitures françaises, de luxueuses américaines et ses innombrables "cyclos", silhouettes familières de la ville, dont les pédaleurs excellent à guetter le client le plus généreux.

La rue Catinat

Le Continental Palace Sa√Įgon 1950 Aux Nouveaut√©s Catinat Sa√Įgon 1950

Sur la photo de gauche : Le Continental Palace le rendez-vous du tout-Sa√Įgon-qui-parle-et-qui-boit.
Sur celle de droite : Aux Nouveautés Catinat établissement fondé par Jules Berthet en 1887, Vieille Maison ... Bon Renom !

Cette rue Catinat dont on a tant parlé et dont se souviennent avec émotion tous ceux qui ont touché la terre indochinoise.
Axe principal de la cit√©, elle est la vivante illustration de ce m√©lange intime d'Occident et d'Orient, de grande cit√© et de petite ville, qui donne √† Sa√Įgon ce caract√®re sp√©cifique et attachant qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les villes que baigne la Mer de Chine.
Elle a "ses arbres", ses taraminiers que la fin du jour dore lentement, "ses arbres" autour desquels tant de discussions ont jailli et dont quelques f√Ęcheux, par crainte des moustiques faillirent nous fruster √† jamais.
Elle a ses passages élégants qui rappelle ceux de la Capitale, sa "Croix du Sud" qui, avec ses coulées de néon éblouissant, semble un grand café de Paris, ses restaurants, ses cinémas, ses boutiques...
Et pourtant ce mélange d'Europe et d'Asie : bijoutiers, antiquaires, libraires, soieries et colifichets, tout parle ce double langage aux yeux et à l'imagination.
Elle a encore ses salons de th√© bruissants de papotages, son "Continental" et sa "Pagode" o√Ļ se traitent tant de choses : piastres et futilit√©s, propos s√©rieux et souvenirs, projets et regrets...
Elle draine tout ce que la ville contient de fl√Ęneurs et de gens affair√©s, de curieux et de dilettantes, de bavards et de r√™veurs...
Dans l'ombre marbr√©e d'or se meut une foule bigar√©e, aux v√™tements frais, aux regards paisibles. Sous ce climat toujours √©gal et ti√®de, que la profusion v√©g√©tale emp√™che d'√™tre accablant, les visages sont moins tendus, plus souriants qu'ailleurs, chacun n'y para√ģt pas uniquement occup√© de soi-m√™me...Il semble que les √™tres aient le temps de regarder la couleur du ciel, de humer l'air de la ville, de savourer les instants...
En d√©p√ģt du monde inqui√©tant qui la cerne, Sa√Įgon a l'air de donner √† chacun la possibilit√© de se d√©tendre : soldats et matelots fl√Ęnent devant les vitrines ou bavardent aux terrasses de caf√©s, harcel√©s par les petits "nhos" vendeurs de cacahu√®tes grill√©es, de cigarettes et de graines de past√®ques ; les femmes, souvent lib√©r√©es en partie des soucis m√©nagers, y √©taient plus de beaut√©, d'√©l√©gance et de jeunesse que dans bien d'autres cit√©s. Certaines de trouver de nombreux admirateurs √† la "Pagode" ou au "Continental" elles ont la sagesse de para√ģtre abandonner leurs pr√©occupations pour cr√©er autour d'elles une atmosph√®re de futilit√© reposante, de beaut√© et de joie de vivre. Libres de leurs mouvements dans leur robes l√©g√®res, souvent bronz√©es par le soleil, elles sont une des plus belles parures d'Extr√™me-Asie.

Saigonnaises dans la rue Catinat Sa√Įgon Caf√© La Croix du Sud Sa√Įgon

Les Vietnamiennes, si graciles dans leur √©l√©gance coudoient nos beaut√©s d'Europe dans une note d'exotisme discret. Qu'elles sont charmantes avec leur visage ivoirin, leur chevelure de nuit et leur ravissant costume, qu'elles ont eu la coquetterie de ne pas abandonner ! Le long pantalon blanc de soie souple, la robe flottante et ch√Ętoyante (Ao Da√Į), la gr√Ęce nonchalante de leurs gestes mesur√©s, leur conf√®rent un √©tonnant pouvoir de s√©duction qu'elles pimentent d'une pointe d'occidentalisme par les produits de beaut√© et les vernis √† ongles.
Plus pr√©cieuses, les Tamiles de la c√īte de Coromandel circulent de leur pas lent... les saris aux longs plis qui les drapent, le plus √©l√©gant des v√™tements, donnent aux plus minces une apparence de Tanagra ou de statuette Ming et √† celles qui sont √©panouies, une allure souveraine...Leur chevelure d'√©b√®ne mass√©e en chignon bas sur la nuque, piqu√©e de blancs jasmins et de blanches marguerites, retenue par des peignes d'√©cailles sertis de pierres pr√©cieuses, leur long v√™tement ch√Ętoyant ourl√© d'une √©clatante dorure, les bijoux dont elles rehaussent leur teint de cuivre... les parent comme des idoles... √©nigmes millenaires des Indes fabuleuses... qui diaprent avec √©clat sur la place Pigneau-de-B√©haine le parvis de la cath√©drale le dimanche √† la sortie de la messe.

Vietnamiennes dans la rue Catinat Saigon 195O Vietnamiennes devant le Caf√© de la Croix du Sud Sa√Įgon 1950 Vietnamiennes devant le Caf√© de la Croix du Sud Sa√Įgon 1950

Sur la photo de gauche : Les Vietnamiennes, si graciles dans leur élégance, coudoient nos beautés d'Europe dans une note d'exotisme discret.
Sur la photo du centre : Les femmes y étaient plus de beauté, d'élégance et de jeunesse que dans bien d'autres cités.
Sur la photo de droite : Dans l'ombre marbrée de la rue Catinat, se meut une foule bigarée aux vêtements frais, aux regards paisibles.

Ville aux multiples visages o√Ļ la lumi√®re de chaque heure fait na√ģtre un sourire diff√©rent, ville mouvante o√Ļ les yeux des hommes refl√®tent des horizons toujours changeants, ville qui sait vivre avec calme et exub√©rance. Sa√Įgon vibre sous la lumi√®re chaude des tropiques.
"Quel pays ! Quelle source inépuisable de lyrisme !" disait Francis de Croisset et son enthousiasme était au diapason de celui du journaliste américain Patrick Smith, qui avouait :
"J'ai parcouru le Japon, les Indes N√©erlandaises, l'Inde, la Malaisie. Je n'ai pas souffert ; il a fallu que je fl√Ęne dans les rues de Sa√Įgon pour retrouver la douceur de vivre, que je dorme une nuit au Continental pour prendre un repos complet. Je t'√©crirai avec joie car on m'avait pr√©sent√© Sa√Įgon comme une ville de d√©bauche..."
D√©sormais capitale du jeune Etat Vietnamien, un nouveau destin s'ouvre pour Sa√Įgon. Puisse-t'il, riche d'esp√©rance, s'√©panouir selon les voeux ardents que formulent tous les Fran√ßais dont l'amour et la ferveur ont fait na√ģtre dans le vaste delta vert cette "Perle de l'Extr√™me-Orient".

March√© de Sa√Įgon

dragon

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